Le Gard en campagne contre le pneumocoque

Publié le par Pascal

Le message s'adresse aux plus de 65 ans : « Vous évitez la grippe, évitez la pneumonie. » Tel est le slogan du deuxième volet de la campagne d'incitation à la vaccination anti-pneumocoque, actuellement en cours dans le département.

Cette opération, unique en France, initiée par le professeur Benoît de Wazières, chef de service de médecine interne et de gériatrie à Carémeau, et soutenue par la Caisse primaire d'assurance maladie vise à mieux protéger les personnes âgées ou les personnes à risques (souffrant d'insuffisance respiratoire, cardiaque, rénale, de diabète...).

« Le pneumocoque donne une grosse pneumonie. Il est de plus en plus résistant aux antibiotiques. C'est la première cause de mortalité des plus de 85 ans », explique Benoît de Wazières, satisfait que cette nouvelle campagne de vaccination ait trouvé appui auprès de tous les acteurs de la santé, dès sa création.

En effet, l'hiver dernier, médecins, infirmiers, pharmaciens avaient tous relayé la campagne. Résultat : alors que 1 500 personnes âgées s'étaient faites vaccinées les deux années précédentes, 30 000 l'ont été, en trois mois, l'hiver 2004-2005. Des courriers, signés par Jean-Pierre Daurès, professeur en santé publique et Benoît de Wazières, avaient été adressés nominativement à quelque 80 000 personnes de plus de 85 ans, leur proposant une totale prise en charge de l'acte par la CPAM du Gard.

« La manière personnalisée - possible localement - a débouché sur un grand succès. Une réussite en terme de résultat bien sûr, mais aussi pour la dynamique que cela a créé, assez rare en France autour d'un problème de santé publique, souligne Henri Regimbaud, sous-directeur de la CPAM du Gard. La seconde étape, cet hiver, est de cibler les personnes en longue maladie. En rappelant qu'on peut associer le vaccin anti-pneumocoque avec l'anti-grippal. »

Cette fois encore, l'opération se fera en partenariat avec l'union régionale des médecins libéraux, les pharmaciens du Gard, la mutualité française du Gard et l'Institut pour la prévention et l'éducation pour la santé du Gard.

Il est encore trop tôt pour démontrer scientifiquement que la vaccination a induit moins de consommation d'antibiotiques, d'hospitalisation et de mortalité. Mais, après deux hivers - donc au printemps 2006 - cela devrait être possible.

« Avec cette initiative locale, nous espérons même infléchir le Comité technique national de vaccination pour qu'il accepte que la vaccination soit prise en charge pour tout le monde, ajoute le professeur Benoît de Wazières. Et avant ça, servir d'exemple à d'autres départements. »


Source : Midi Libre Gard du 14.10.05

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