Du don au prélèvement

Publié le par Pascal

Un acte relayé

 

"Février 1995 - Nous sommes restés une heure dans une salle d'attente avant d'apprendre que Virginie, 29 ans, était en état de mort encéphalique et que c'était fini. Elle avait été transférée dans un "service d'ultime réanimation" et l'attente reprit pour moi dans une ambiance irréelle, avec ce bruit insupportable de matériel de surveillance dont je me souviendrai toute ma vie.

Quand ma soeur s'approcha de moi, je savais ce qu'elle allait demander et j'ai répondu : "je suis d'accord pour que Virginie donne ses organes mais il faut demander à son compagnon".

Je savais alors que cela aurait été une décision de ma fille. Elle avait toujours regretté de ne pas avoir fait ses études en médecine. Elle aurait aimé soigner des personnes.

Je suis restée toute la nuit avec elle... Le prélèvement n'a eu lieu que le lendemain.

Après l'opération, ma fille nous a été rendue environnée de mimosas ; elle était très belle. On aurait dit une princesse égyptienne.

J'ai été contente de savoir que grâce à Virginie, quatre vies avaient été sauvées et que deux personnes avaient retrouvé la vue. J'ai su que le coeur de Virginie avait été donné à un homme, papa d'un petit enfant de trois ans.

Aujourd'hui, je cherche de toutes mes forces à accompagner avec des mots une chose aussi dure que la perte d'un enfant et le don de ses organes pour tenter d'humaniser l'intolérable... et  de faire mon travail."

Christiane, maman de Virginie

Région Parisienne

Source : "Don d'organes : d'une vie à une autre..."   Etablissement Français des Greffes   www.efg.sante.fr

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