Son certificat en poche, elle peut penser au futur

Publié le par Pascal

Malgré sa maladie, Lise Henry, résidente de Suchy, vient de terminer sa scolarité obligatoire à 18 ans. Au prix d’une grande volonté.

LA LAURÉATE Lise Henry (18 ans) n’a pas connu une scolarité normale depuis trois ans à cause de la mucoviscidose. La jeune fille qui a bénéficié de cours personnalisés vient de réussir son certificat d’études secondaires. SUCHY, 23 JUILLET 2007 .

Il y a des choses dont on ne pense presque jamais se réjouir tant elles entrent dans le déroulement normal d’une vie. Se lever le matin et aller à l’école, par exemple. Pour Lise Henry, 18?ans, la scolarité obligatoire, à l’image de son parcours de vie depuis la naissance, a été un véritable parcours de combattant. Au jour le jour. Souffrant de mucoviscidose (une affection du métabolisme qui touche 40 nouveau-nés par année en Suisse), la résidente de Suchy connaît mieux les dédales du CHUV que les préaux de l’école.

L’espoir est de retour

Mais, depuis une greffe de poumons qui a eu lieu en octobre 2006, l’espoir est de retour. Un programme à la carte mené de concert par deux professeurs – Samuel Ebinger pour les cours de français et Emmanuel Zanoni en maths et allemand – au Collège du Cheminet à Yverdon lui a permis de bénéficier de cours pour terminer sa scolarité obligatoire. Ce qu’elle n’avait pas pu faire depuis trois années scolaires à cause de sa maladie.
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La fille qui s’écriait en mai dans nos colonnes «Je veux passer mon certif’ comme tout le monde» a réussi son pari: Lise Henry a obtenu son certificat d’études secondaires. «Je suis contente. Les choses évoluent bien. Pourvu que ça continue», lâche-t-elle.

«J’adopterai des enfants»

Dans la foulée, elle s’est même payé ses premières vacances depuis trois ans. «J’ai passé trois semaines au Canada, chez ma marraine.» Elle qui a toujours vécu sans se projeter dans le futur se met maintenant à évoquer tout haut ses projets. «Je vais faire un apprentissage en technologie alimentaire. Ensuite, j’aimerais devenir inspectrice d’hygiène.» 

Et après? «J’emménagerai dans un appartement, à côté de la maison familiale, et j’adopterai des enfants vietnamiens.» 

Hantise du rejet de la greffe

Mais demain est un autre jour. Surtout pour cette femme-enfant, qui vit dans la hantise du rejet de la greffe. Et qui revit aussi, le moral remonté, entourée de l’affection de ses parents, de ses deux sœurs aînées, de sa chienne Miss et de sa meilleure amie Maeva.

Que ressent-elle, à la perspective de devoir partager la classe avec ses cadets de deux à trois ans? Lise en rit: «Si je ne donne pas mon âge, ils croiront même que je suis plus jeune qu’eux.» Le sourire et la joie illuminent un visage qui n’en avait pas tant connu jusqu’ici !

Source : www.24heures.ch

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