L'OMS ferme la porte de l'emploi aux fumeurs

Publié le par Pascal

Tabagisme L'Organisation mondiale de la santé refuse désormais d'engager des candidats admettant «consommer des produits du tabac».

La guerre totale que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré aux fumeurs a franchi hier un pas de plus. Dès le 1er décembre, l'institution basée à Genève ne recrute plus que des candidats non fumeurs. Une politique reflétée dans les questionnaires à l'embauche où vient de se glisser une question inédite : «Fumez-vous ou consommez-vous des produits du tabac ?» est-il demandé au postulant. «Si la réponse est oui, la candidature ne sera pas prise en considération», indique Fadéla Chaib, porte-parole de l'organisation.

Pour justifier cette démarche imposée par son directeur général, Jong-Wook Lee, l'OMS affirme qu'il faut «mettre nos actes et nos paroles en cohérence». «Nous avons initié le traité international antitabac, renchérit Fadéla Chaib, il faut donc que nous montrions l'exemple.»

Cette nouvelle règle qui fait d'ores et déjà jaser dans les syndicats des Nations unies, ne concerne que les candidats au recrutement et n'affectera pas les fumeurs déjà en poste à l'OMS. Actuellement, l'accomplissement de cette pratique mise à l'index, est interdite dans l'enceinte du bâtiment genevois, «seul un petit couloir derrière l'entrée principale» leur étant réservé, révèle la porte-parole. Par ailleurs, l'institution note que pour les postulants qui s'engagent à mettre fin à leur consommation de tabac, la décision pourrait être ajournée. «On les encourage à quitter le tabagisme avant de penser à rejoindre l'OMS», commente Fadéla Chaib. Mais le courroux de l'OMS s'abattra sur les dissimulateurs. Si un nouvel employé ment sur son utilisation de cigarettes ou si un ascète en devenir abandonne sa promesse, l'institution se réserve le droit de mettre fin au contrat. «Il s'agit d'une rupture de confiance», commente-t-on. Pour autant, l'organisation ne prévoit pas de tests sanguins pour vérifier la bonne foi de ses employés.

Selon Manuela Tomei, spécialiste en matière de discrimination au travail au Bureau international du travail (BIT), la nouvelle directive de l'OMS peut légalement être considérée comme discriminatoire. En effet, si des préférences légitimes peuvent être invoquées par des employeurs dans le choix de leurs candidats, il faut qu'elles soient en lien direct avec l'efficacité du travail du postulant. Or tel n'est manifestement pas le cas des fumeurs de l'OMS.

Source : www.lefigaro.fr article du 02.12.2005

Publié dans l'info minute

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