Lisa Bentley, une battante

Publié le par Pascal

Bien malgré elle, Lisa Bentley est sans doute l'une des figures emblématiques du triathlon féminin. De par son palmarès et son destin hors du commun pour une athlète de ce niveau, elle force l'admiration du public et le respect de ses pairs.À37 ans, « la dame de fer » court toujours après la victoire. Portrait d'une battante rencontrée il y a quelques jours sur le parcours... d'un triathlon.

«Je faisais du sport avant de savoir que j'étais atteinte de fibrose kystique, raconte Lisa Bentley. Ce n'est qu'à l'âge de 20 ans que j'ai été diagnostiquée, je ne m'en souciais donc pas vraiment à l'époque. Maintenant, je fais évidemment plus attention.».

Lisa Bentley a le verbe facile. Modeste, elle est animée par une foi inébranlable et une motivation impressionnante. Dix-sept ans après avoir disputé son premier triathlon, la flamme de l'Ontarienne est toujours aussi vive. Dix-sept ans plus tard, elle compte à son actif pas moins de 10 Ironman, le dernier en date étant celui de l'Australie remporté pour la cinquième fois au début de l'année.

Mais il y a 17 ans, c'était aussi l'année de ses 20 ans. L'année où l'on a diagnostiqué qu'elle était atteinte de fibrose kystique. Depuis, continuellement exposée aux maux abdominaux et aux infections pulmonaires, Lisa Bentley a avalé des heures de natation, pédalé des centaines de kilomètres et couru un peu partout sur la planète.

« Je faisais du sport avant de savoir que j'étais atteinte de fibrose kystique, commente-t-elle. Ce n'est qu'à l'âge de 20 ans que j'ai été diagnostiquée, je ne m'en souciais donc pas vraiment à l'époque. Maintenant, je fais évidemment plus attention. Mais cela ne m'affecte pas plus. La clé, pour moi, est de ne pas tomber malade. Si j'attrape un coup de froid, je tombe malade. Je ne peux plus rien faire, je suis alors down. La clé est de ne pas attraper un coup de froid. Je me lave toujours bien les mains, je fais attention de dormir suffisamment, de prendre suffisamment de repos... Je suis probablement plus attentive et concernée que d'autres et que lorsque j'étais jeune. ».

Lorsque l'attention baisse et que la maladie frappe, il lui faut alors un bon mois pour récupérer, à passer ses nuits à tousser et à se bourrer ensuite aux antibiotiques. La fibrose kystique est un « work in progress », comme elle le confiait récemment à Impact Magazine. Maintenir un régime strict, avoir une alimentation basée sur les fruits et légumes et prendre des vitamines est son... pain quotidien.

Elle est persuadée que le triathlon l'aide à mieux vivre avec la maladie. « Mon sport me maintient en santé. Je peux respirer. »

Sa conviction et sa détermination face à la maladie en font inévitablement une source d'inspiration. Et Lisa Bentley passe beaucoup de temps auprès des jeunes, tel que dimanche dernier lorsque rencontrée sur le circuit du triathlon de Saint-Lambert. « Il est important pour les jeunes de faire du sport parce que le sport leur forge une personnalité plus que n'importe quoi d'autre, dit-elle. Je crois aux bienfaits du sport sur les jeunes, cela les éloigne des mauvaises influences, de la drogue, de la cigarette... Et je sais ce que le sport m'a apporté dans la vie. Je les encourage donc à saisir les opportunités. »

Un seul objectif

L'Ontarienne de Caledon carbure au mental et court après un objectif. « THE goal ». Le grand rendez-vous de la discipline qui manque à son plamarès: l'Ironman d'Hawaï. L'an dernier, au sommet de sa forme, elle avait dû abandonner. Victime d'une crise d'appendicite trois jours avant l'épreuve, elle avait quand même pris le départ. En vain.

« Je crois que tout arrive pour une raison, rien n'est dû au hasard, juge-t-elle. Je ne pouvais rien faire de plus ce jour-là, j'ai fait tout ce qui était possible pour débuter cette course... Finalement, je me suis dit que c'était juste du sport. C'est la game. Tu en tires des leçons, il y a des hauts et des bas, c'est la vie. J'ai aussi tellement de choses dans ma vie, pas juste le sport. J'ai un très grand soutien, j'ai ma famille, je me suis marié après ça... »

Son entraîneur Lance Watson la qualifie de travaillante hors du commun. « Je travaille très fort, c'est vrai. Mais j'adore ça et je veux vraiment gagner. Aujourd'hui, par exemple, je me suis levée à 5h45 pour aller courir. Le plus important est de maintenir mon entraînement. Là, j'ai quelques jours de repos et je remets ça ensuite. »

« Avec Lance, nous avons une bonne complicité. Il m'est d'une très grande aide et il y a un peu de Lance dans tout ce que je fais. Il m'aide dans ma carrière, c'est sûr. »

Exception faite de sa maladie, Lisa Bentley n'aurait donc aucune faiblesse? Pas sûr. « Sur une distance olympique, ma faiblesse est la nage parce que tu dois être très rapide comme c'est plus court. Sur un Ironman, le vélo c'est une course de cinq heures, je perds plus de temps. La nage est seulement de 50 minutes. Parce que l'on passe beaucoup de temps sur le vélo, j'ai besoin de souffler, de couper 10 minutes sur mon vélo. Ma véritable faiblesse est le vélo. Je travaille là-dessus actuellement. »

La suite de son programme se résume dorénavant à l'Ironman du Canada, tenu le mois prochain à Penticton,- Ironman qu'elle a déjà gagné à deux reprises- puis à celui d'Hawaï qui aura lieu en octobre. « Actuellement, je m'entraîne pour Hawaï, précise la triathlète. Mais après l'Ironman du Canada, je vais accélérer mon travail, parcourir deux longues distances par semaine et je vais me rendre à Hawaï pour préparer la compétition. »

Pour les novices, rappelons qu'un Ironman c'est 3,86 km de nage, 180,2 km de vélo puis un marathon...

Source : www.cyberpresse.ca

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