La greffe du poumon m'a sauvé la vie

Publié le par Pascal

Avant la greffe, je me suis toujours battue, mais je n'ai jamais été seule. Depuis, si je suis libérée des soins contraignants liés à la mucoviscidose, ma vie dépend de l'acceptation du greffon par mon corps...

J'ai été très protégée par mes parents qui m'ont permis de mener une enfance et une adolescence normale au prix d'une vigilance constante ; mon père s'était formé à la kinésithérapie respiratoire pour avoir plus d'indépendance et me la pratiquait avant les repas à raison de trois fois par jour. Il s'occupait aussi des perfusions afin d'éviter des hospitalisations.

Ensuite, j'ai pu compter sur le soutien total de mon compagnon, Romain, qui a arrêté son travail pour être auprès de moi pendant les deux mois précédant la greffe. Ma capacité respiratoire avait tellement diminué qu'il redoutait de me laisser seule.

Nous nous sommes fiancés juste avant la transplantation, ce qui m'a donné une réelle motivation pour envisager l'avenir. Six mois après la greffe, j'ai repris mon travail de secrétaire au CNRS. Nous allons nous marier en 2008 et nous espérons fonder une famille.

Lorsqu'il est devenu évident qu'une greffe était nécessaire, pour le moral de Vanessa et pour son avenir, il valait mieux que ça se passe le plus tôt possible.
Pour qu'elle puisse retrouver une vie active normale. Plus le délai est court, plus la réinsertion est facile.

Mais ça ne dépend plus de la seule volonté du receveur. Sa vie repose sur le geste altruiste d'un donneur.
Il faut saluer le travail des médecins qui font leur maximum. Mais pour qu'ils puissent agir, la société toute entière est concernée. La loi prévoit que si on n'a pas fait connaître son refus, on est considéré comme donneur potentiel. Tout choix est respectable. Malheureusement, le non choix induit l'inverse de ce que stipule la loi : la décision est prise par l'entourage au pire moment, celui d'un décès. Il vaut mieux choisir et faire connaître sa décision quand tout va bien.

Je suis secrétaire gestionnaire dans un grand organisme de recherche. Avant ma greffe, je devais amener une bonbonne d'oxygène dans un sac à dos sur mon lieu de travail. J'avais besoin de 2 à 3 litres d'oxygène en permanence. Je crachais du sang parce que mes bronches étaient irritées.
Ma capacité respiratoire diminuait irrémédiablement.
Pendant l'année qui a précédé la greffe, j'étais toujours assise, je ne pouvais m'allonger sinon je m'étouffais. Je ne pouvais rien porter, rien faire.

Et puis le grand jour est arrivé. Quand on nous a appelés, Romain et moi, nous revenions d'une consultation médicale.
Nous sommes repartis immédiatement vers l'hôpital. Nous avons fait appel à une voiture de pompiers pour arriver plus vite. Je n'étais pas stressée, mais tellement soulagée, après quatre longs mois d'attente. Mes parents et ma soeur nous ont rejoints. Le greffon arrivait de Lorient. J'ai pris une douche désinfectante. Mon père m'a fait une dernière séance de kiné, les anesthésistes m'ont fait une péridurale. Puis tout a été très vite, j'ai dû faire mes adieux à Romain et à ma famille.

Après la greffe, il y a beaucoup d'émotions. Je réalise seulement ce qui s'est passé.

Je n'ai pas récupéré tout de suite. Il m'a fallu un mois pour me rétablir. J'ai été deux semaines en réanimation, période très éprouvante pour moi et mes proches, j'étais reliée à des tas de machines. Au début, j'étais sous appareil respiratoire avec une trachéotomie. On me faisait tous les deux trois jours une fibroscopie des poumons. J'étais sous morphine, en proie à des hallucinations. La période de sevrage a été difficile. J'avais aussi une très forte fièvre, vite enrayée quand on a su qu'il s'agissait d'une infection. Ensuite j'ai passé une semaine en soins intensifs, suivie d'une semaine en pneumologie.

Pendant les 6 mois qui ont suivi, avant de reprendre le travail, j'ai fait de la randonnée dans les bois alentours. Romain avait repris des études à domicile. Il a passé un DESS de contrôleur de gestion par Internet.
Au début, je pensais que je ne reparlerais plus jamais de futilités. Mais ensuite j'ai eu une période d'euphorie. J'allais chez tous mes voisins pour leur dire que j'étais en vie.

La greffe a complètement changé ma vie. J'allais mourir. Je n'avais pas accepté l'idée de la mort. Je voulais absolument continuer à vivre.

C'est une NOUVELLE VIE qui recommence et je n'oublie pas la CHANCE que j'ai eue.

Vanessa, 27 ans, greffée du poumon le 28 février 2005

Source : www.greffedevie.fr

Commenter cet article

Greffe 15/02/2016 14:39

merci pour ce témoignage

Julie 21/06/2010 18:40



merci pour votre temoignage, ça fait du bien de lire que tout va mieux pour vous maintenant !


ma cousine de 14 ans a été greffée dimanche.. et maintenant l'attente est difficile mais on croise les doigts !


Encore bonne continuation dans la vie !!!



vanessa 03/03/2010 16:32


Bonjour,
Pour vous donner des news... Je souhaite remercier mon donneur, déjà 5 ans, le temps passe si vite...
Avec Romain nous nous somme marié civilement le 07/07/2007 et religieusement le 07/06/2008 comme prévu ! Ce fut magique,  j'ai temps de chance d'avoir autant de soutient autour de moi...
Je travaille tjs au CNRS 3j par semaine.
Et nous souhaitons de tout notre coeur que notre désir d'enfant se réalise...
Je souhaite autant de bonheur à toute les personnes en attente de greffe, même si il y a parfois des hauts et des bas, rien n'est plus beau que la vie. Il faut se battre et ne pas perdre espoir...
Il faut y croire
Vanessa


eve 15/01/2015 12:02

Bonjour, très touchée par votre histoire. Moi même je suis greffée bipulmonaire depuis 2011. Qu'en est il de votre projet d'enfant? Mon compagnon et moi meme souhaitons également avoir un enfant, je m'interroge sur le déroulement , les conséquences.....
Merci

belin florian 25/10/2008 02:13

bonjour je m appel florian j ai 24 ans et mon oncle de 29 ans a la muco et la il est dans un comas artificiel car il soufrai trop a l heure actuel il ne pas etre greffer car son eta de santer ne lui permette pas je suis perdu et deprimer car je ne s est pas quoi faire je l ai vue il y a 3 jour et son eta etai bon et la s est la chute aidez moi car la je ne s est vraiment plus quoi fair se soufre

bettie 23/10/2006 10:07

merci de nous faire partager votre experience pleine d'espoir !
et vive la vie.........
@ bientot